Intervention de Sophie GOY en Conseil municipal le 16/11/09

Publié le par Groupe municipal Faire Gagner Marseille

Rapport 13 : Convention avec Bouygues Télécom

Ce n’est pas la première fois que nous avons des discussions, voire des confrontations sur le problème des antennes de téléphonie qui se multiplient dans notre ville comme sur tout le territoire. Et Il est impossible ne pas réagir aujourd’hui quand l'Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail (AFSSET) recommande dans son dernier rapport (500 pages et un an de travail) qu'il devient urgent "d'arrêter de ne rien faire" et qu'il faut baisser globalement l'exposition des populations aux radio fréquences.

Le communiqué de presse de l'AFSSET est sans équivoque possible ! " l'AFSSET recommande de réduire les expositions".

Ce rapport qui a été présenté le 15 octobre 2009, c'est-à-dire il y a un mois à peine, constitue selon le directeur de l'AFSSET une vraie "rupture" avec les assurances affirmées  d’innocuité et, je cite, " ce rapport opère un virage à 180 degrés : enfin, on n'est plus dans le déni".

Mais ce document est d’autant plus intéressant qu’il comporte un certain nombre de propositions. Personne ici, en effet, ne réclame la fin de l’utilisation des téléphones portables avec lesquels nous ne saurions plus vivre aujourd’hui ! Ce n’est pas là mon propos.

Dans ce rapport il y a des recommandations qui me semblent dignes d’intérêt.

Et il nous appartient d’étudier minutieusement et de mettre en place la troisième recommandation. Celle-ci préconise la réalisation d'une cartographie des zones où les intensités sont les plus fortes, de façon à y réduire le niveau d'exposition, notamment en demandant aux opérateurs de "mutualiser" leurs antennes.

Monsieur le Maire, la santé de nos concitoyens est une priorité qui dépasse les clivages politiques. Mais, une fois cette évidence énoncée, que faisons-nous ? Il nous faut être réactifs et agir concrètement.

Je vous rappelle que jusqu'à maintenant nous étions sur des émissions de 41,58 volt/mètre maximum, alors que la Mairie de Paris impose 2 volt/mètre en moyenne.

Plutôt que de fixer des normes relativement permissives dans l’attente de résultats scientifiques prouvant le caractère dangereux des rayonnements, ne serait-il pas plus logique de fixer dès maintenant des normes basses, quitte à les relever ultérieurement si les connaissances scientifiques futures venaient démontrer leur inutilité ?

Je vous invite donc à établir et à rendre publique une cartographie mise à jour des sites radioélectriques et des émissions produites sur l’ensemble du territoire marseillais (ce qui n’est pas le cas de cartoradio du site de l’ ANFR).

Mme Gaunet-Escarras a déjà répondu à Mme Moukomel sur cette question en indiquant que les opérateurs « étaient en droit de refuser » cette publication en raison des problèmes de concurrence commerciale. C’est un argument qui ne tient pas debout car il n’est pas nécessaire de marquer sur chaque site s’il appartient à tel ou tel operateur!

Aussi, le mouvement démocrate vous demande de rendre publique cette carte des implantations sur l’ensemble du territoire marseillais avec les niveaux d’émission.

Ceci permettra de voir si nous appliquons correctement la  recommandation (adoptée par de nombreuses villes) qui veut que les écoles, les crèches, les hôpitaux, soient suffisamment éloignés de ces antennes ; c'est-à-dire à cent mètres au moins, selon de le décret de mai 2002.

Enfin, je vous invite à discuter rapidement avec les 3 principaux opérateurs (qui seront bientôt quatre) pour les amener à mutualiser leurs antennes dans les plus brefs délais. Là aussi on nous parle de problème de concurrence entre les opérateurs, mais je pense que sur un tel sujet qui concerne la santé publique, il est de votre devoir de convaincre (si ce n’est contraindre) les opérateurs d’aller dans le bon sens et d’adopter plus de transparence. D’autant que la mutualisation des antennes a fait ses preuves dans le métro parisien et sur les zones dites « blanches ».

Je sais bien Monsieur Le Maire, Mme l’Adjointe, que vos pouvoirs sont relativement limités sur ces questions dont l’enjeu est national voir international. Je sais bien que vous n’avez pas la possibilité d’interdire l’implantation de nouvelles antennes, mais vous pouvez être quand même plus restrictifs quant au niveau d’émission.

La Mairie de Paris semble être allé beaucoup plus loin que vous sur cette question (au moins en terme de limitation des émissions) et les entreprises concernées ont joué le jeu.

Je sais que ce débat est récurrent mais chaque jour nous apprenons des choses qui, si elles ne sont pas complètement inquiétantes, doivent nous pousser à appliquer le « principe de précaution » cher à tous les participants du Grenelle de l’environnement…

Il faut réduire autant que possible l’exposition, n’attendons pas d’avoir des réponses définitives pour agir, c’est une question de bon sens ! En dépend la santé de nos concitoyens !

Publié dans Développement durable

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F

Oui, en effet, pour le moment rien n'est encore prouvé sur d'éventuels effets sur la santé puisque les études continuent et que nous manquons de recul sur plusieurs générations... En attendant,
l'AFSSET préconise de baisser les seuils d'exposition et précise que l'on ne peut pas ne rien faire.
Il est donc important de baisser les seuils comme à Paris, ou bien de mutualiser les antennes puisque cela fonctionne très bien sur Paris.

En attendant que les études soient finalisées, pourquoi prendre le moindre risque...? Dans le doute, on s'abstient, surtout dans le domaine de la santé publique...
Il ne faut surtout pas balayer d'un revers de main ce sujet; l'histoire, dans d'autres domaines, est là pour nous le rappeler...


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F

L'afsset préconise certes de réduire les expositions mais elle confirme aussi qu'aucun risque pour la santé n'a été prouvé... en fait, on prend ce que l'on veut dans ce rapport !


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