Intervention de Patrick MENNUCCI en Conseil municipal le 08/02/10

Publié le par Groupe municipal Faire Gagner Marseille

Patrick MennucciRapport n°65 : Capital 2013 et Marsatac
 
Je voudrais profiter ici du premier rapport sur la culture et de la présence du « délégué spécial » de Marseille 2013 pour faire part de mon inquiétude quant à la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui un certain nombre d’acteurs ou de projets culturels de notre ville.

De nombreux échos nous alertent sur la diminution continue des subventions, particulièrement de la part de l’Etat, comme cela a été le cas pour le théâtre Toursky mais aussi pour d’autres compagnies.

Il semble que la SCIC chargée de la restructuration de l’Ilôt 3 de la friche de la Belle de Mai rencontre aussi beaucoup de difficultés pour boucler ses financements.

D’autres projets, comme celui de la rénovation du Musée des Beaux Arts à Longchamps semblent, eux aussi prendre, beaucoup de retards sans parler de l’hypothétique rénovation de notre Opéra ainsi que des travaux sans fin (en raison de problèmes d’amiante) à La Criée…

Il y a enfin une réelle inquiétude sur le devenir même de certaines structures de spectacle vivant en raison des difficultés qu’elles rencontrent avec votre municipalité. Il y a quelques semaines, les responsables du Festival Marsatac ont organisé un débat public pour exprimer leur lassitude face aux difficultés auxquelles ils se heurtent sans cesse. Depuis 10 ans, les jeunes responsables de cette association ont dépensé toute leur énergie pour installer et maintenir à Marseille une manifestation considérée aujourd’hui comme l’une des grandes références françaises du genre. En 2008 ce festival avait attiré plus de 27000 spectateurs au J4 sans aucun incident, faut-il le préciser pour ceux qui assimilent tout rassemblement de jeunes à drogue, violence et désordre.

Mais depuis 10 ans ce Festival est « promené » (à tous les sens du terme) par la mairie qui n’est pas capable de lui proposer un espace correctement aménagé et normalement placé. Alors qu’on leur avait promis, il y a quelques années, le Parc Longhamps, M. Bruno Gilles s’est empressé de faire déplacer cette manifestation. Cette année, le J4 leur a été interdit, soi disant en raison des travaux du MUCEM alors que, quelques semaines après, un cirque s’installait au même endroit. Concernant l’éventuelle tenue de ce festival sur les plages du Prado, le député maire, M. Tian, a au moins le mérite d’être clair puisqu’il a dit qu’il n’en voulait pas, de peur de déplaire à son électorat effrayé par ce rassemblement de jeunes et importuné par les décibels…

Le dernier lieu en date qu’on a proposé aux responsables de Marsatac est un terrain pollué, sans eau ni électricité, à côté de la Cité Bellevue (dont les habitants ne votent pas dans le 8ème), au milieu des containers  et des gravats !

Depuis quelques jours, l’Adjoint aux grands évènements s’est mêlé à l’affaire puisqu’il indique sur le site internet de la ville qu’il est prêt à proposer le Palais des Sports aux organisateurs ; ce qui est assez surprenant, c’est que ces organisateurs n’ont même pas été approchés pour voir si ce site leur convient !  Et M. Di Nocera, dans sa grande bonté, leur propose même un autre site à savoir les quais du Grand Port Maritime, le seul problème étant que ses responsables ne sont absolument pas au courant de cette proposition ! Tout ceci respire un peu l’amateurisme et l’improvisation…

Mettre en place de jolies bâches pour dire notre fierté d’être Capitale Européenne de la Culture ne suffit pas. Aujourd’hui le festival Marsatac n’a pas de lieu d’accueil pour son édition 2010 et risque de plier bagage ou de s’arrêter. Et bien d’autres jeunes structures s’interrogent aujourd’hui sur le bien fondé de leur implantation dans notre ville, qui leur avait été décrite comme haut lieu de la movida et qui ressemble de plus en plus à la « belle endormie ».

Des métropoles comme Lille, Lyon, Nantes et évidemment Paris ont parfaitement compris le rôle essentiel de la culture (de toutes les cultures) dans le rayonnement et l’attractivité d’une ville, et ce, particulièrement pour les jeunes. Je ne suis pas sûr que la municipalité de Marseille ait parfaitement intégré cette dimension qui sera pourtant l’une des clefs du succés de Marseille-Provence 2013.

M. Le Maire, il est absolument essentiel qu’une manifestation de l’ampleur de Marsatac trouve rapidement un lieu d’accueil digne de ce nom. L’annulation de ce festival serait un très mauvais signe pour l’image de notre ville ainsi que pour la dynamique de Marseille 2013 qui nous inspire aujourd’hui quelques inquiétudes…

Publié dans culture

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article