Intervention de Marianne MOUKOMEL en Conseil municipal le 16/11/09

Publié le par Groupe municipal Faire Gagner Marseille



Rapport n° 55 - Sommet de Copenhague


Monsieur le Maire, chers collègues,

Nous avons voté le Plan Climat de la ville de Marseille en décembre dernier, en mettant l’accent sur la nécessité de rentrer rapidement dans le concret.


Depuis, nous avons voté diverses délibérations, pour des opérations un peu spectaculaires, comme une ferme photovoltaïque à Entressen (dont il serait d’ailleurs intéressant de connaître le bilan carbone) ou des panneaux à la Friche de la Belle de Mai et au Palais de la Glisse. Ces premières mesures sont un peu symboliques, mais elles ont le mérite d’exister. Néanmoins on peut dire que rien d’essentiel n’a encore été accompli permettant une diminution significative et à long terme des émissions de Gaz à effet de serre à Marseille.

Après  notre inquiétude à la lecture du 1er ordre du jour, nous avons découvert dans l’additif N°2 un rapport concernant la préparation du sommet de Copenhague ainsi que la déclaration de Hambourg. Nous serons là aussi dans les intentions et les bonnes paroles et nous ne pouvons que les approuver. Hambourg signifiera l’engagement de Marseille dans le cadre de Copenhague, mais nous souhaiterions maintenant rentrer vraiment dans le concret.

Mais UN SEUL rapport dans ceux qui arrivent de la commission Développement Durable.
L’important et l’urgent pour les générations futures, c’est de diminuer nos émissions de CO2 et autres gaz. La première mesure extrêmement concrète et nous vous l’avions déjà dit lors du vote du Plan Climat, c’est de réaliser le bilan carbone de la ville ; celui-ci repose sur une méthodologie bien rodée mise en place par l’ADEME ; j’espère que cette première étape est en train d’être réalisée, vous nous le direz tout à l’heure.

Je voudrais aller plus loin dans le concret pour pointer un certain nombre de contradictions entre vos paroles et l’action quotidienne de vos services.

Un énième habitant m’a alertée sur le refus dont son permis de construire a fait l’objet, à cause d’une proposition de toit terrasse végétalisé qui ne correspond pas à ce qui se fait d’habitude. Vos adjoints connaissent ce dossier (que j’ai ici à votre disposition, Monsieur le Maire) et j’espère bien que nous pourrons trouver très rapidement une solution conforme à l’intérêt général.

Si nous voulons progresser, il est urgent, Monsieur le Maire, qu’un plan de formation d’envergure soit mis en place pour le personnel municipal afin qu’il soit incité à développer des pratiques et des approches nouvelles.

Autre exemple, concernant l’urbanisme. Le quartier du Rouet est en pleine mutation ; les travaux sont bien avancés. Mais, en le parcourant, n’avez-vous pas remarqué, Monsieur Le Maire, l’étroitesse des voies : les immeubles sont passés de 2 à 7 ou 10 étages, mais les rues n’ont pas été élargies. Conclusion : outre l’inconfort pour les habitants, les 3 premiers étages ne voient pas le ciel, la lumière est allumée en permanence, le soleil hivernal ne vient pas tempérer les appartements ; malgré les préconisations de l’AGAM présidée par Monsieur Valette et dont j’assure le secrétariat du bureau, les mêmes erreurs sont en train de se reproduire dans le 2e secteur, également en pleine restructuration. Il est nécessaire de densifier la ville, mais pas n’importe comment. Une véritable « révolution » des pratiques de l’urbanisme doit s’opérer dans la ville, conciliant histoire, patrimoine, modernité et écologie.
 
Je pourrais aussi, Monsieur Le Maire, sans vouloir envenimer la polémique, vous parler de la construction de logements à La Belle de Mai sur le dernier espace vert du quartier : nous savons tous que les espaces verts contribuent largement à la lutte contre le réchauffement climatique, également à la lutte contre  l’échauffement des esprits. Allions notre action à notre discours.

Dernier exemple, Monsieur le Maire.  Vous avez délégué à Madame Fructus la construction et la réhabilitation de logements ; il semble qu’aucune préconisation thermique n’ait été jusqu’à maintenant  réfléchie et exigée des promoteurs privés ou des bailleurs sociaux. On nous parle du quartier de Sainte Marthe comme exemplaire, mais en vérité il ne comporte pour le moment aucun projet innovant en matière énergétique ; on se contente d’appliquer la réglementation datant de 2005. Pourtant, les progrès sont nombreux en ce domaine et une nouvelle fois nous sommes en retard par rapport à la plupart des grandes villes qui conçoivent et bâtissent déjà des éco-quartiers.

Monsieur le Maire, alors que Electricité Réseau Distribution France sonne l’alarme, disant que des coupures d’électricité sont à prévoir au cours de l’hiver, alors que nous sommes obligés d’importer massivement de l’énergie, non seulement fossile, mais également électrique, alors que l’Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique a averti Monsieur Borloo et le pays tout entier d’une note très lourde des effets du réchauffement, aucun signe d’envergure n’est donné pour le moment par votre équipe. Les intentions sont affichées, je le reconnais, mais les pratiques restent pour le moment les mêmes. Marseille seul ne changera pas le fil des choses, mais le volontarisme de tous et de chacun est nécessaire. Comme le disent Yann Arthus Bertrand ou Nicolas Hulot pour ne citer que les plus médiatisés : « il y a urgence ! »

Et hélas, les bonnes intentions ne diminueront pas les charges de nos concitoyens, seule une politique volontariste en matière de maîtrise de l’énergie et d’écologie au sens large permettra de contribuer au maintien, pour tous, du pouvoir d’achat.

Publié dans Développement durable

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