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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 16:30
Patrick Mennucci Rapport 152 : 1er arrondissement – Saint-Charles - Cession par la Ville de Marseille à la SAS Ilot Chanterelle d'une parcelle de terrain sise 15 rue Louis Grobet, 36 rue d'Isoard, rue Commandant Mages et boulevard Camille Flammarion, en vue de la réalisation d'un programme immobilier - Lancement des études de faisabilité pour la réalisation d'une école - Approbation de l'affectation d'autorisation de programme

Monsieur le Maire,

Chanterelle est un des derniers lieux de respiration dans le 1er arrondissement, il y a 1,4 hectare, arboré, derrière le Palais Longchamp. Depuis plus de dix ans, la population, les associations de défense du site, les riverains, le CIQ, se battent pour réclamer à cor et à cri des équipements publics structurants, une école, une crèche, des équipements sportifs, des parkings pour les riverains, tout en préservant un minimum de respiration et de cadre de vie auquel tous les habitants ont droit, au moment où l'on débat du Grenelle de l'Environnement et où se tient le sommet de Copenhague.

Je crois qu'il faut revenir dans le temps pour comprendre la colère des habitants et leur indignation. En 2003, le terrain est vendu par les Dames de la Providence à la Ville de Marseille, à la condition expresse de respecter un usage public et social. Je rappelle que ce foncier avait été acquis avec la générosité des Marseillais pour accueillir les enfants victimes de l'épidémie de choléra du XIXème siècle. Donc 14 000 m_ pour la somme de 3,2 millions d'Euros.

En 2004, le vote unanime –Christian PELLICANI le rappelait– de tous les Groupes politiques dans ce Conseil Municipal, avec une proposition qui était d'excellente qualité, qui avait été d'ailleurs préparée pas mon prédécesseur Jean ROATTA et qui était en adéquation avec les besoins du secteur : une école de 9 classes, une crèche, une salle de sport et un parking, et le maintien d'un cadre bucolique au centre du 1er arrondissement.

En 2007, au travers d'une énième modification fourre-tout, vous avez permis l'introduction de la construction de logements. En décembre 2008, vous avez fait tenir par M. BLUM une réunion où nous avons d'abord découvert qu'un architecte était nommé –c'est l'ineffable M. CARTA, que l'on retrouve à tous les coins de rue dans cette ville– et que nous avions un projet de 450 logements ; l'école avait alors disparu.

En juillet 2009, il y a encore eu une réunion, au siège de la fédération des CIQ, où étaient présents M. BLUM, Mme FRUCTUS, Mme CASANOVA –on se demande pourquoi– et Mme ZOUAGHI, et on nous a annoncé, alors qu'il y avait un problème de scolarisation des enfants du 1er arrondissement, tout le contraire de ce que l'on nous dit à longueur de Conseil Municipal, qu'en définitive on pourrait faire une école non plus de 9 classes mais de 4 classes, mais qu'il y avait toujours 450 logements, dont des barres de 10 étages.

Aujourd'hui, votre délibération cède à une SAS en cours de constitution, dont d'ailleurs nous ne connaissons ni les tenants ni les aboutissants, ce qui rend de toute façon le rapport inapplicable et il ne pourra pas avoir de suite puisque l'on ne peut pas vendre à quelqu'un que l'on ne connaît pas, c'est un principe général. Vous ne dites pas à qui vous vendez, donc on ne sait pas si nous pouvons le vendre. Mais continuons ! Vous vendez à une SAS en cours de constitution 13 700 m_ pour 4,6 millions d'Euros. Je rappelle quand même que le site de GIRAUDON, qui est un autre problème que nous avons et que nous devrons traiter, a été vendu 5 millions d'Euros pour 2 000 m_ ; donc il y a là quand même un petit problème financier, je ne sais pas lequel, mais en tout cas il y est. Et vous conservez 1 200 m_, nous dites-vous, pour faire des équipements publics.

Si j'en crois la délibération de 2004, car vous êtes un homme de parole et personne n'en doute dans cette ville, vous allez mettre sur ces 1 200 m2 : une école de 9 classes, un gymnase, une maison des jeunes et une crèche. Evidemment, ni vous ni moi ni personne dans ce Conseil Municipal ne pense que c'est possible. Donc c'est un véritable déni de démocratie ! Et je vais vous dire pourquoi. D'abord, je pense que le projet n'est pas convenable au regard de la réalité de ce secteur. Mais c'est un déni de démocratie parce qu'en janvier 2008, alors que nous étions à deux mois de l'élection municipale et que la bataille dans le 1/7 était serrée, et elle l'a été jusqu'au bout, nous avons vu un tract de l'équipe de M. ROATTA –et je garde les documents–, nous en avons eu deux au dernier moment, l'un sur le site GIRAUDON où l'on m'accusait de vouloir faire un hôtel, ce que vous constaterez quand même comme assez savoureux, et un autre sur la parcelle Chanterelle, dans lequel il était rappelé la délibération du Conseil Municipal, purement et simplement. Ce document a été distribué et il a été adressé au CIQ du quartier, qui l'a reproduit dans son journal, le CIQ Longchamp, que chacun connaît et chacun connaît son président, M. COULANGE, qui est aussi le président de la fédération des CIQ du 1er arrondissement.

Il y a donc un engagement. Donc je voudrais savoir si la politique, c'est ça. En tout cas, ce n'est pas ma conception et je voudrais, Monsieur le Maire, que vous nous le démontriez aujourd'hui, que nous retirions ce dossier et que nous en discutions un peu, ensemble, les yeux dans les yeux.

Nous avons donc une délibération qui est contraire à un engagement de campagne de l'équipe GAUDIN, pris par M. Jean ROATTA. Et au Conseil d'arrondissements, je vois bien les difficultés dans lesquelles sont nos collègues pour défendre cette position ; d'autres ne viennent pas, ainsi ils sont tranquilles, ils n'ont pas besoin de la défendre. On est dans une situation qui est quand même très ennuyeuse : un engagement formel de votre part, vous comptiez sur ce bureau de vote, et d'ailleurs, puisque il a été fait référence aujourd'hui, à trois ou quatre reprises, à des résultats de bureaux de vote, ce bureau de vote est le seul dans le 1er arrondissement, avec celui du Quai de Rive Neuve, où il y ait eu un écart en ma faveur très minime, je crois que c'est 4 ou 5 voix. Donc les engagements de M. Jean ROATTA ont été des engagements utiles à votre liste, parce que les gens l'attendaient. Or, aujourd'hui, je vous le dis, les gens les plus remontés contre vous, ce sont vos propres amis, du moins ceux qui ont crû en votre parole, parce que ceux qui n'y croyaient pas, au fond, cela ne les étonne pas ! Mais ceux qui y ont cru ont vraiment l'impression de s'être fait avoir. Je vous le dis, comme Maire du 1er Secteur, je ne laisserai pas faire !

Donc je vous propose que l'on retire ce dossier, que l'on en reparle tous les deux, on peut peut-être trouver un consensus, un accord…
Oui, tous les deux ! Parce que je n'arrive à parler avec personne ! Donc "tous les deux", effectivement !
Et que l'on trouve un consensus. Il peut y avoir quelques logements qui y soient construits, je n'y suis pas totalement opposé, mais il ne peut pas y avoir 450 logements et la liquidation de la crèche, des écoles, du gymnase, ce n'est pas possible !

Monsieur le Maire, au-delà de nos différences politiques, vous êtes quand même un homme de conviction et vous ne dites pas des mensonges aux gens, surtout quand c'est inutile ! Là, il me semble que nous sommes devant votre responsabilité, retirons ce rapport, nous n'en sommes pas à un mois près, rediscutons-en tous les deux et je pense que les gens du quartier vous seront redevables de faire ce geste.


Par Groupe municipal Faire Gagner Marseille - Publié dans : Urbanisme - Communauté : faire gagner marseille
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